TERRORISME. Al Qaïda au Maghreb profite des conflits factices générés par Alger et le Polisario pour sous-traiter ses activités terroristes dans la région du Sahara entre l’Algérie, la Mauritanie et le Mali.


Roque Pascual, Albert Vilalta et Alicia Gamez. Trois Espagnols enlevés dans le Sahara par des activistes du Polisario.


C’est connu, le séparatisme et le terrorisme vont ensemble. Ils finissent toujours par se connecter, se jumeler et agir en totale connivence. Les exemples sont multiples de par le monde, plus particulièrement près de nous, dans le pays basque espagnol et en Corse.
En Afrique du nord, cette connexion s’est faite sous la bannière du terrorisme islamiste avec l’appui logistique des séparatistes du Polisario, organisés en bandes armées et puisant un complément de ressources dans le trafic en tout genre. Les faits remontent à fin 2009. Trois humanitaires espagnols, membres d’une ONG catalane, transportant des aides pour les populations déshéritées de certains pays subsahariens, sont kidnappés le 29 novembre 2009, sur la route reliant Nouadhibou à Nouakchott, en Mauritanie.
Deux de ces trois otages sont toujours entre les mains de leurs ravisseurs. Un peu plus tard, le 18 décembre 2009, un couple d’Italiens est enlevé dans la région de Kobéni, à plus de 700 km de la capitale mauritanienne. Depuis, les autorités de Nouakchott n’ont cessé de s’activer pour identifier et neutraliser les auteurs de ces kidnappings.

Kidnappings et séquestrations
Pas plus tard que le 29 mars 2010, la justice mauritanienne a annoncé l’arrestation de 20 personnes pour leur participation présumée à ces deux affaires d’enlèvement et de séquestrations. Il a été établi que les groupes terroristes en question relèvent et agissent au nom d’Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), sous la direction d’un certain Mokhtar Belmokhtar, émir d’AQMI au Sahel. Les investigations sont allées plus loin.

No man’s Land
Elles ont confirmé que ces enlèvements n’auraient pu s’effectuer sans la contribution du dénommé Omar Ould Sid Ahmed Ould Hamma, alias Omar Sahraoui, membre du front Polisario. Celui-ci vient d’être reconnu par la justice mauritanienne comme le principal auteur du rapt des trois Espagnols, au minimum.
Il est actuellement écroué à la prison centrale de Nouakchott. Dans le même panier à salade, les autorités mauritaniennes ont également inculpé des individus ayant un statut de “militaires” en exercice au sein du front Polisario.
On y trouve Mohamed Salem Mohamed Ali Ould Rguibi, la cinquantaine, faisant partie de “la 4ème région miltaire” dite “M’heriz”, basée à Tindouf, avec quelques incursions sporadiques dans la zone démilitarisée du Sahara marocain, au delà du mur de protection. Mohamed Salem Hamoud, la vingtaine à peine, exerçant dans la même “région militaire”. Ainsi que Nafii Ould Mohamed M’Barek, la quarantaine, qui, lui avait été dans la 7ème région militaire, avant d’opter pour la contrebande et le trafic entre Zouirat et Atar, au nord de la Mauritanie. L’enquête des pouvoirs publics de Nouakchott a remis au goût du jour et par des faits intangibles deux vérités.
Un. Le triangle frontalier entre la Mauritanie, l’Algérie et le Mali est devenu un vaste No man’s Land où se conçoivent et s’opèrent les actions terroristes, sous couvert intégristes et avec la complicité active des suppletifs du Polisario. Dans ce ventre mou de l’Afrique du Nord, Alger laisse faire, Bamako fait semblant d’ignorer, seule Nouakchott réagit en Etat souverain, malgré le peu de moyens, sur ses milliers de kilomètres de frontières. Deux. Les affaires de kidnappings en question ont également démontré la facilité avec laquelle la branche d’Al Qaïda au Maghreb profite de la persistance de conflits factices, tel celui du Sahara marocain, pour s’acheter les services des bandes séparatistes installées à Tindouf. Celles-ci font tout simplement de la sous-traitance pour le compte d’Al Qaïda.
Une basse besogne qui révèle l’incapacité des dirigeants du Polisario à offrir à leurs éléments des perspectives politiques viables et sécurisantes. Face à cette inaptitude inoculée par Alger, l’activisme terroriste fait figure d’une fuite en avant complètement désespérée.

Source: maroc-hebdo.press.ma