Selon Bank Al-Maghrib, 19.044 faux billets identifiés, correspondant à une valeur de 2,4 millions DH, circulaient au Maroc en 2009, en hausse de 25,3% par rapport à 2008. Les coupures de 200 et 100 DH sont celles qui ont augmenté le plus avec respectivement +89% et +30%.

Bank Al-Maghrib indique dans un récent rapport avoir identifié 19.044 faux billets en circulation à fin 2009. Un chiffre en progression de 25% par rapport à 2008. En valeur, ces faux billets correspondent à un montant global de 2,44 millions DH.

Par type de coupure, le nombre de faux billets a augmenté de 89% et de 30% respectivement pour les billets de 200 et 100 DH, alors que, parallèlement, il a connu une baisse de 21% et de 13% respectivement pour les billets de 50 et 20 DH.

L’institut d’émission souligne que les parts réunies des faux billets en coupures de 200 et 100 DH avoisinent 66% du volume global des billets falsifiés. Ainsi, pour chaque million de coupures en circulation, la part des faux billets serait de 18.

“Ce rapport reste tout de même assez faible, eu égard au nombre de billets en circulation, lequel a atteint 1,055 milliard en 2009”

Bank Al-Maghrib

Mais, attention, il ne s’agit là que d’un indicateur partiel. Car la Banque centrale ne comptabilise que le nombre de coupures retirées de la circulation, ce qui exclut donc le nombre réel de fausses monnaies encore en circulation.

Des dispositifs plus rigoureux

La lutte contre le faux monayage est fortement présente tout au long du processus de fabrication des billets de banque, depuis sa conception jusquà sa production.

Selon l’institut d’émission, toutes les mesures nécessaires pour permettre au citoyen de reconnaître un faux billet par l’apparence et le toucher sont garanties: papier en fibre de coton, solution encre spéciale, filigrane, fil de sécurité, impression en relief… La Banque centrale veille aussi à la qualité des billets émis. Ainsi, “sur les 800 millions DH de coupures reversées par les banques à la BAM, environ 70% sont recyclés” indique le rapport.

La dématérialisation des paiements

Bank Al-Maghrib indique cependant qu’elle met davantage l’accent sur l’élargissement de la bancarisation et la dématérialisation des moyens de paiements. Concernant la promotion de l’activité monétique et dans le cadre de la lutte contre la fraude sur cartes bancaires, Bank Al-Maghrib a poursuivi ses actions visant la mise en conformité des systèmes monétiques des établissements bancaires avec les standards internationaux.

Ainsi la décision de la Banque centrale à faire migrer les cartes bancaires vers de nouveaux standards tels que la norme EMV (Europay Mastercard Visa).  Ces moyens de paiement, indique l’institut d’émission, offrent désormais une garantie de sécurité optimale pour les institutions financières qui les émettent et pour la clientèle qui les utilise au quotidien.

Par ailleurs et afin de préserver le système bancaire de la contrefaçon et de la fraude sur les cartes bancaires, Bank Al-Maghrib a imposé aux émetteurs un certain nombre d’exigences minimales. Ces mesures ont concerné, d’une part, la conformité à la norme EMV pour l’ensemble des cartes au plus tard à fin décembre 2010 et, d’autre part, la conformité à la norme EMV pour l’ensemble des guichets automatiques de banques existants ou nouveaux pour le traitement des transactions de retrait par cartes marocaines.

Par ailleurs, des recommandations complémentaires ont été formulées par Bank Al-Maghrib à l’adresse des banques, notamment la mise en place d’un dispositif d’alerte et de monitoring de la fraude pour les opérations réalisées par cartes aussi bien pour les paiements que pour les retraits, dispositif “qui devrait être, au minimum, conforme à celui édicté par les organismes internationaux Visa et MasterCard” précise la banque.

Objectifs à fin 2010

Enfin, la stratégie adoptée par la Banque Centrale pour l’année 2010 dans la lutte contre les faux billets, prévoit en plus de sa collaboration avec les services de la Sûreté nationale, d’accélérer la mise en place de nouvelles solutions de paiement en deux temps.

Lors de la première démarche, indique le rapport, des partenariats entre opérateurs de téléphonie et les établissements de crédit seront réalisés.

Dans un second temps, des réaménagements du cadre légal et réglementaire seront effectués afin d’agréer une nouvelle catégorie d’intervenants: les “prestataires de services de paiement”.

Source: aufaitmaroc.com