- Le jeûne facilite la colère au Maroc
Écrit par sept 8, 2010, 2 h 00 min
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Affrontements et colère semblent être un phénomène en augmentation chaque année au Maroc durant le Ramadan. « Ces comportements sont loin de refléter l’esprit du Ramadan », a expliqué un imam.
Les disputes sont choses courantes dans les rues pendant la journée durant le Ramadan. Nombreux sont ceux qui prétendent ne pas pouvoir maîtriser [...]
Affrontements et colère semblent être un phénomène en augmentation chaque année au Maroc durant le Ramadan. « Ces comportements sont loin de refléter l’esprit du Ramadan », a expliqué un imam.
Les disputes sont choses courantes dans les rues pendant la journée durant le Ramadan. Nombreux sont ceux qui prétendent ne pas pouvoir maîtriser leur colère lorsqu’ils jeûnent. Ils prennent le mois sacré comme excuse pour justifier leur mauvaise humeur. Parfois, on assiste à un simple accrochage verbal, mais dans bien des cas, la situation tourne aux coups et blessures.
Dans le dialecte marocain, on qualifie cet état de « tremdina ».
« Les premiers jours du mois sacré sont difficiles à gérer pour moi et mon entourage, car je me sens très énervé et me dispute fréquemment avec ma femme et mes enfants à cause du manque de nicotine », explique Hammadi Chaoukili, un gros fumeur. « Je crie pour rien. J’en suis conscient. Mais je n’arrive pas à me contrôler. Il m’arrive de m’accrocher avec des inconnus dans la rue. »
Zhour Moustajdi, une secrétaire, a expliqué à Magharebia que son mari devient insupportable, surtout durant les dernières heures de la journée avant la rupture du jeûne.
« J’essaie de ne pas l’approcher », explique-t-elle. « J’ai subi à plusieurs reprises les affres de sa colère, alors que d’habitude il est plutôt calme. On a même failli un jour divorcer à cause de sa mauvaise humeur pendant le Ramadan. »
Selon Mohamed, un policier, le nombre de plaintes pour vol augmente durant le mois, mais aussi pour les disputes qui deviennent de plus en plus courantes en plein Ramadan.
Le sociologue Ali Chaâbani expliqué que le tremdina est un état plus psychologique que social. L’énervement, l’angoisse et la colère ressentis pendant le jeûne sont dus surtout au tabagisme et d’autres facteurs comme la drogue, ajoute-t-il.
« Ce phénomène est ressenti dans les endroits où il y a une condensation de la foule, comme les souks. Les personnes concernées jettent la responsabilité sur le Ramadan, alors qu’en réalité, elles sont sans scrupules et sans principes. Ceux qui ne se maîtrisent pas pendant le Ramadan sont des personnes inconscientes qui ont de faibles personnalités », souligne-t-il.
Il ajoute que le problème n’est pas nouveau dans la société marocaine, mais qu’au fil du temps, il a empiré par suite « du changement démographique et de la faiblesse de la foi chez la population ». Il estime également qu’en ce qui concerne la violence conjugale au cours de ce mois, il serait bien de faire une étude pour évaluer s’il s’agit vraiment d’un phénomène en hausse.
L’imam Abdelbari Zemzemi a déclaré à Magharebia que ceux qui se mettent en colère pendant le jeûne et empoisonnent la vie de leur entourage ne sont pas sains et sont surtout ceux qui sont accros aux drogues, à l’alcool ou aux cigarettes. « Du point de vue religieux, ces comportements sont loin de refléter l’esprit du Ramadan, car le jeûne doit reposer sur la maîtrise de soi et le respect des autres, plus que durant les jours ordinaires », explique-t-il.
« C’est un mois de piété, de tolérance et de partage. »
Source: magharebia.com

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